Serait-ce le printemps ou simplement la panique électorale qui pousse soudain la mairie à sortir les sécateurs et les bulbes à fleurs ?
Après des années de friche, de jachère militante et de massifs en dépression, la mairie par l’action de ses jardiniers municipaux s’agite et se redécouvre une passion dévorante pour la chlorophylle.

On nous compte fleurette avec un air un peu trop intéressé.
Pourtant, souvenez-vous, il y a peu tout cela était laissé à l’abandon. Les feuilles mortes, les branches cassées, les massifs asphyxiés par le lierre constituaient le paysage familier de la ville. Les massifs ressemblaient à des terrains vagues et les espaces verts à des parcelles d’entrainement pour sangliers.

Hier encore, on nous expliquait doctement que la nature devait reprendre ses droits, dans une vision pseudo-écologique et surtout idéologique. Mais voilà que les élections approchent et miracle ! Aujourd’hui, il faut tout ramasser, tailler, balayer, nettoyer, finie la poésie sauvage.
Voilà ce que la mairie aurait dû faire depuis toujours.
Mais que faisaient les jardiniers de la commune pendant tout ce temps ?
Le magazine municipal nous sert une balade guidée rue par rue. Le traitement de chaque arbre, chaque massif, chaque touffe de gazon est détaillé comme si les habitants n’avaient jamais vu un arbre ou utilisé un sécateur. Un véritable inventaire à la Prévert !
Mais qui balade-t-on au juste ? Rien n’est pire pour une population que d’être prise pour une bande de demeurés. Derrière cette opération séduction se cache une panique bien humaine, celle de perdre les prochaines élections.
Alors oui, on nous conte fleurette, mais les électeurs ne sont pas des plantes vertes et ne se laissent pas duper par cette repentance horticole.

Ah voilà donc la raison des espaces vertes soignées récemment ! Un sujet qui me tient à cœur depuis si longtemps, que j’ai abordé avec l’ancien maire qui répliquait «madame, les Verriérois (dont moi svp) aiment les espaces vertes naturelles».